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Le Sang des Sauvages, Tomes 1&2 - Farah Anah




Cela faisait longtemps que j’avais envie de lire «Le Sang des Sauvages», n’ayant pas eu l’occasion de le faire au moment de sa sortie en octobre 2018.


Je vous propose ici un avis global sur la saga et j’ai beaucoup de choses à dire, je vous préviens mon avis risque d’être long...


Tout d’abord, je tiens à tirer mon coup de chapeau à Farah Anah pour la création de sa trame et de la genèse de cette histoire. Il faut une sacrée imagination pour créer un tel récit. De la mythologie d’Alcibiade, à la bible des personnages, en passant par les paysages et les créatures, l’auteure nous offre ici un voyage livresque que l’on est pas prêt d’oublier !

« Le Sang des Sauvages » est pour moi une véritable fresque dans l’univers de la dark fantasy, c’est sombre, souvent violent et frôle avec des limites qui posent question. Je ne sais pas si le hasard existe vraiment, mais ce roman a eu un écho particulier à l’actualité perturbée de ces derniers temps. La Gothe, maladie pulmonaire qui ravage les habitants d’Alcibiade, a comme des similitudes avec le Coronavirus. Ensuite, le second parallèle que je ferai avec notre réalité, est la condition des femmes. Si dans le livre, la condition des femmes est extrêmement rude, cela ne m’a pas empêché de penser, que parfois dans notre monde, nous sommes aussi malmenées...Il ne fait pas bon vivre à Célestia ou Draonne pour les femmes ! La souffrance fait partie de leur quotidien, les destins de Sanaé, celui de sa mère, de sa sœur ou d’Erya, vont être si troublés et si douloureux. Quelques soient leurs choix, bons ou mauvais, on éprouve une certaine compassion pour ces femmes qui endurent tant !


La géopolitique a toute sa place dans ce récit, je dirais même que c’est une pièce centrale de l’histoire. La guerre pousse les hommes aux pires folies ! L’enjeu du pouvoir entre Draonniens et Celestiens, engendre un combat sans merci pour la suprématie d’un peuple sur un autre. Ruses, manipulations, violence et combats, d’un côté comme de l’autre, nombreux seront les dommages collatéraux et les victimes innocentes, d’une guerre qui ne semble avoir aucune limite.


Farah jongle avec brio entre les rebondissements, les scènes d’action, les moments intenses et les instants cruels et durs. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en lisant ces deux tomes. L’histoire et les personnages m’ont poussée à m’interroger. Peut-on tout accepter par amour? La frontière entre l’amour et la haine est parfois si fine, si fragile. Cela résume bien la relation entre Sanaé et Leith, faite d’amertume, de rancœur mais aussi de beaucoup d’amour ! Tout cela à la fois, peut paraître déroutant : je ne vous le cache pas : c’est le cas! J’ai été parfois perturbée par le côté buté de Sanaé, qui a du mal à prendre de la distance avec le dogme qui lui a été enseigné depuis son plus jeune âge, à savoir que les Sauvages sont tous des êtres cruels et vils...Certes, il est souvent difficile de prendre de la distance avec ce qu’on nous a appris, mais Sanaé est aveuglée par sa vengeance. Paradoxalement, c’est ce qui lui donne la force d’affronter le pire…


Leith, de son côté outre son côté torride et animal, m’a souvent troublée par son inconstance : c’est Dr Jekyll et Mister Hyde ce personnage ! Il peut se montrer si touchant à travers les sentiments qu’il éprouve pour Sanaé, et à la fois il va se montrer extrêmement méchant avec elle, guidé par ses plus bas instincts. Leur histoire d’amour atypique a su me toucher malgré tout, j’ai aimé que leur relation mette en avant exergue le fait qu’il n’y ait pas de vision manichéenne de la situation à Alcibiade. Tout n’est pas noir ou blanc, les choses ne peuvent pas être aussi tranchées. En ces temps troublés, chacun réagit à sa façon, avec ses armes et sa personnalité. Je me dis que c’est sûrement cela que Farah Anah a essayé de démontrer. Elle n’a pas ménagé ses personnages, ni ses lecteurs, mais j’ai le sentiment que finalement ce n’était pas vain.


J’ai passé un bon moment livresque, même si parfois j’ai trouvé l’ensemble un poil trop dense. Mon palpitant a fait des bonds : quand je pensais avoir cerné un personnage, celui-ci me surprenait alors par ses choix et ses désirs, à l’opposé de ce qu’il avait démontré jusque là. Tout au long de ma lecture, je me suis trouvée sur la corde raide, partagée entre divers sentiments et me demandant si la cruauté avait une limite…A mon sens, il faut se préparer avant de lire ce diptyque, vous serez chamboulées à coups sûrs, voire même perturbées! La plume aboutie et maîtrisée de Farah Anah aide à faire face cette histoire hors norme et complètement folle !


La fin du deuxième tome laisse entrevoir une suite. Qui sait, bientôt pourrons-nous, peut-être, faire un dernier voyage avec Sanaé et Leith à Alcibiade...




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